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Un surdoué fragile
 

Le quartier de la Madeleine, Ville l'Evêque. Plan de TurgotLe 6 septembre 1788 est "né en la commune (alors paroisse de Paris) de la Magdeleine Ville l'Evêque (Seine) M. Abel Jean-Pierre Rémusat, fils de Jean Henri Rémusat et de Dame Françoise Aydré...." (acte de mariage d'Abel-Rémusat). S'il est de souche provençale par son père et bisontine par sa mère, Abel-Rémusat (comme il se fera toujours appeler), naît au coeur de ce Paris qu'il ne quittera jamais, partageant son temps entre la rive gauche à l'Ecole de Médecine, au Collège et à l'Institut de France, et la rive droite à la Bibliothèque Nationale.
Tout enfant, il fut victime d'un grave accident en jouant aux Tuileries : fractures, lésions et atteinte à un oeil. "On craignit pour ses jours, et sans les soins vigilants de la plus tendre mère, toute l'habileté de son père (qui était médecin) eût été impuissante peut-être pour les lui conserver..." Il dut "garder la chambre" pendant toute son enfance. Sa santé s'améliorant, il put enfin suivre quelques cours à l'Ecole Centrale, établie alors au Collège des Quatre-Nations.

Flora sinensis, Michael Boym, Vienne 1656.

Malgré toutes ces difficultés, l'intelligence, la mémoire, la curiosité intellectuelle et la capacité de travail hors pair qu'on lui reconnaîtra toute sa vie lui permirent, avec l'aide de son père, d'acquérir des connaissances exceptionnelles dans tous les domaines : déjà les langues anciennes mais aussi l'histoire et les sciences naturelles. Féru de botanique, il consacre une grande partie de son temps à son herbier.
En 1805, laissé sans grandes ressources par  la mort de son père, il entame (sans beaucoup d'enthousiasme) des études de médecine. Mais une tradition, devenue légendaire, nous rapporte qu'en visitant le "cabinet de curiosités" de l'Abbé de Tersan, célèbre collectionneur de l'époque, il tomba en admiration devant un magnifique herbier chinois. "Il en avait pu reconnaître quelques plantes; bientôt, il voulut les déterminer toutes, et ce qui n'avait été d'abord qu'un objet de curiosité, devint alors une véritable passion. Ces caractères si étranges , si énigmatiques qui accompagnaient chaque planche étaient sans doute le nom de la fleur. Mais comment les déchiffrer ? qui pourra les expliquer ? Peronne n'était en état de le faire...". Toute sa vie va dès lors être vouée à un seul but : découvrir et faire découvrir les richesses des cultures extrême-orientales alors si méconnues.

motif chinois VIIème siècle
Les citations sont extraites de: Landresse, Notice sur les travaux de M. Abel--Rémusat, Journal Asiatique, Septembre et Octobre 1834. 
© Jean ROBERT

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