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Nicolas le Jay (1574-1640), premier Baron de Tilly, Maison-Rouge et St Fargeau  

Le Lieutenant civil
au Chatelet

Le Président aux enquêtes
au Parlement

Le Premier Président
du Parlement

 La vie privée
L'homme d'affaires

Sources et documents

A propos de la nomination comme lieutenant civil
En ce mois de juin, M. le président Miron, frère du feu Lieutenant-civil Miron qui lui avait résigné son dit état de Lieutenant,étant allé trouver le Roy à Fontainebleau pour cet effect, en fut débouté et refusé tout à plat de Sa Majesté, combien que sa requête fut très juste et raisonnable, ayant son frère, après la résignation, vécu les quarante jours, et seize davantage. Ce qu'ayant été remontré au Roy par plusieurs personnes, Sa Majesté enfin, pour s'en dépêtrer, leur dit que ce n'était à lui, mais à la Reine à laquelle il se fallait adresser pour cette affaire, et qu'il lui avait donné et accordé ledit état, pour en disposer et en gratifier qui bon lui semblerait : laquelle avait envie que son procureur Le Geay le fut.
Beaucoup d'autres lui en parlèrent et firent ce qu'ils purent pour empêcher que ledit Geay ne le fut; lequel avait (comme on dit) tout le monde "bandé" contre lui. Le Roy même ne lui était autrement favorable, sinon à son compte près qu'il voulait avoir, quoique c'en fut de lui ou d'un autre. Mais la Reine, en faveur de la recommandation de Conssine (Concini), qui en faisait son propre fait pour Le Geay, et avait embrassé cette affaire, et qui n'est jamais refusé de Sa Majesté de chose quelconque, quelle qu'elle soit qu'elle puisse, et aussi que M. de Sully (qu'elle n'aime point) en avait parlé au Roy pour les autres, ne se voulut jamais lâcher. Tellement qu'enfin ledit état demeura arrêté au Geay, nonobstant tous empêchements et oppositions formées sur les crimes dont il avait été déféré et ne s'était encores purgé: ce qui était juste qu'il fit auparavant que d'entrer audit état. Dont M. le Chancelier aussi, quand ce vint à l'expédition de ses lettres, qui lui avaient été recommandées par la Reine, en fit (mais pro forma seulement) quelque petite instance et difficulté. Il a payé, du dit état, cinquante mil écus, lui en ayant coûté encore s (ainsi qu'on disait) vingt-cinq mil, pour les épingles de la Reine, de Conssine et autres, desquels il avait fallu gagner la faveur par argent. Ainsi lui revenait ledit état à soixante et quinze mil écus ; somme qui se fut trouvée malaisément à Paris, pour cet effect, en une autre bourse que la sienne, principalement d'un homme de bien, eut-il été cent fois plus riche que lui.          Fermer la fenêtre

Pierre de l'Estoile
Juin 1609

 

Sur les fonctions de police (et leurs petits avantages!)
Le vendredi 17°, Lamet m'a donné de son impression quatre ordonnances nouvelles de notre nouveau Lieutenant-civil, imprimées en placard et affichées aux coings et carrefours des rues de Paris.
L'une est contre les blasphémateurs du nom de Dieu, joueurs, berlandiers et ivrognes : qui est une bonne et sainte ordonnance. L'autre, contre les quémanderies des gens vagabonds et sans aveux, qui se disent soldats, vrais fainéants et de mauvaise vie, dont on voit les rues de Paris toutes pleines: qui est une autre bonne Ordonnance (sauf une et l'autre à exécuter). La tierce, sur la police du petit pain, et mêmes du mollet, abus des boulangers sur le poids: qui n'est pas mauvaise, et de laquelle M. le Lieutenant tirera bien autant ou plus de profit que le public. La quarte, de ne nourrir aux maisons aucuns porcs, pigeons ne lapins, est de communi martyrum de la police, et se garde en un temps comme en l'autre. Il avait été aux Halles, le samedi de devant, où, faisant peser le pain et contrôler toutes les marchandises et denrées, se fit voir et reconnaître (qui est le bon mot) à tout ce peuple, de la bourse duquel, et de chacun et chacune en particulier, selon la qualité et prix de leurs marchandises, il tira la quotte et quelque quintessence. Il n'y avait pas jusqu'aux herbières, fruitières et harangères, qui, pour se sauver de l'amande, ne crachassent au bassin, et tirassent de leurs tabliers gras quelques grands blancs et autre menue monnaie. Mais, les tirants, comme à l'envie, disaient que cela ne lui aiderait pas beaucoup à se rembourser de plus de quatre-vingt mil écus que lui avait coûté son dit état de lieutenant-civil.   Fermer la fenêtre

Pierre de l'Estoile
Juillet 1609

Sur son rôle après l'assassinat d'Henri IV
La prudence de ces magistrats, j'entends le Prévôt des marchands et le Lieutenant civil, obvia heureusement à ce désordre : le premier était Jacques Sanguin ; le second, Nicolas Le Jay, homme de grand sens, qui s'était acquis beaucoup de croyance parmi les bourgeois par ce qu'il avait toujours mis l'honneur de sa charge à bien servir le public Tous deux se faisant voir par les rues amusèrent la populace de divers bruits, exhortèrent les bons bourgeois à la tenir en bride, ménagèrent si bien toutes choses et donnèrent de si bons ordres, commandant l'un aux capitaines des quartiers, l'autre aux commissaires, archers et huissiers de se tenir prêts, que rien ne se remua...        Fermer la fenêtre

De Mezeray
Abrégé Chronologique
de l'Histoire de France
1696

 L'arrestation 17 août 1615
Le président Le Jay avait témoigné tout l'hiver une telle partialité pour M.le Prince qu'on ne jugea pas à propos de le laisser à Paris pendant l'absence du Roi. C'est pourquoi on envoya à son logis, le matin même qu'on partit, un exempt avec des gardes, lequel lui ayant dit que le Roi voulait parler à lui, le fit monter dans un carrosse à six chevaux et le mena à Amboise. Sa femme fut à l'heure même au Louvre ; mais n'y trouvant personne, elle eut recours au Parlement, afin qu'il y prit intérêt et demanda son retour, comme il fit par un députation solennelle d'un président et de quelques conseillers, qui alléguèrent leurs privilèges et beaucoup d'autres raisons auxquelles on ne répondit rien, sinon que le Roi voulait s'en servir ailleurs; ayant cependant été dit en particulier aux députés qu'ils s'en pouvaient retourner, et que pour chose au monde on ne le mettrait en liberté tant qu'on serait hors de Paris, à cause de ce qu'il avait fait pendant l'hiver.
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...parce que le président Le Jay, l'un des présidents du Parlement, était celui qui s'était rendu comme chef de la faction qui était pour M.le Prince dans le parlement, et qui, à cause du crédit qu'il avait dans la ville, y eut pu former quelques cabales ou séditions au préjudice du repos et sûreté d'icelle et du service du Roi, Leurs Majestés furent conseillées de le mettre du voyage, pour servir en leurs conseils, comme les autres conseillers d'Etat, et elles lui firent faire commandement de se tenir prêt pour cet effet ; ce commandement lui fut porté et réitéré par le sieur de Loménie, secrétaire d'Etat ; mais comme il n'avait pas ce désir, et que possible son intention était de servir M.le Prince dans Paris, il y apporta des difficultés, feignait d'être malade, qu'il ne pouvait désemparer la cour du parlement sans sa permission ; qu'il fallait qu'il ait au moins un commandement du Roi par écrit, et autres raisons qui témoignaient n'y vouloir aller, quelque commandement qu'il en eut ; et même le soir dont Leurs Majestés partirent le lendemain, sur ce qu'on lui dit qu'il avait tort d'offenser Leurs Majestés par ce refus, et qu'il ler donnerait occasion de l'y mener par force ou de le mettre à la Bastille, il répondit qu'ils n'oseraient l'entreprendre. Le Roi...envoya un enseigne de ses gardes du corps avec un carrosse et quelques archers pour commander au dit sieur président Le Jay de venir parler à lui, avec charge de le faire monter dans le dit carrosse et l'amener avec sur son chemin. Cela fut exécuté sans bruit et un peu plus mation que le dit président ne l'avait espéré, tellement qu'il n'y put contredire. Il fut mené en cette sorte jusqu'à Amboise où on le laissa prisonnier...                                                                                        Fermer la fenêtre

 

 

 Fontenay-Mareuil
Mémoires

 

 

 

 

 

 

Pontchartrain
Mémoires

 

Article 9 : maintenir et conserver les Cours souveraines du Royaume en leur libre et entière, ne souffrir qu'à l'avenir leurs dignités et autorités soient affaiblies ni déprimées; et que Monsieur Le Jay président en la Cour du Parlement de Paris soit présentement mis en liberté et rétabli en l'exercice de ses offices comme à un officier de telle qualité et mérites - accordé pour ce qui regarde le Parlement et sursis pour le Président.                                                                                                  Fermer la fenêtre

Articles envoyés au Roy par Mrs les Princes et Seigneurs étant assemblés à Loudun
ensemble la réponse sur les dits articles

Le Lieutenant civil
au Chatelet

Le Président aux enquêtes
au Parlement

Le Premier Président
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