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Traverser la Seine - le passage de Saint-Assise - Un pont républicain

Avant le pont

Une naissance difficile

1870-1871

Un pont républicain

1939-1944

 Vers l'an 2000

Dès le 1er mai 1871 le service des chemins vicinaux dresse un état "des dégradations causées aux ponts par mesures stratégiques de guerre en septembre 1870" et des réparations à prévoir. Pour le pont de St-Assise "le rétablissement définitif de l'ouvrage devra consister dans la réparation du parapet, le remplacement d'une entretoise, le redressement des fers tordus et la réfection du tablier sur une longueur de 10 à 12 m. Ce travail peut être évalué à 2200F"(ADSM Op4042). Les réparations sont terminées l'année suivante et il suffit de (payer pour) passer le pont !

Tarif du péage prévu en 1860
Toute personne chargée ou non, à pied, à cheval ou en voiture 0 f 05
Tout cheval ou mulet chargé ou non, monté, attelé 0,10
Chaque voiture à bras 0,05    -  Chaque voiture à âne  0,05
Chaque voiture ordinaire non suspendue 0,15  -  Chaque voiture ordinaire suspendue 0,30
Boeuf, vache ou âne 0,05 - Boeuf ou vache appartenant à un marchand, pour la vente 0,10
Veau, porc, paire de moutons, de chèvres, d'oies, de dindons... 0,02
Le droit ne sera dû que pour l'animal marchant.
Tout animal allant au labour ou au pâturage paiera moitié prix;
il en sera de même des animaux employés au transport des engrais, graines et fourrages
de la ferme aux champs et réciproquement.

 

 


La maison du péager, prévue dès le cahier de charges, avait été construite à l'extrémité du pont, rive gauche. Le tarif de 1860 témoigne d'une économie locale encore exclusivement agricole. Mais, vers 1870, s'amorce un timide développement industriel de Ponthierry. A la distillerie de betteraves Desforges-Duguet apparue vers 1858 s'ajoutent la sucrerie Chuffard et les produits chimiques Cotelle. Approvisionnement en betteraves ou écoulement des "extraits de Javel concentrée", le trafic change de nature, les tarifs sont inadaptés. De plus, à l'approche du premier centenaire de la Révolution, la IIIème République naissante voit d'un mauvais œil  des péages contre lesquels s'étaient soulevés les patriotes de 1789! On lance donc une vaste opération de rachat des péages, déclarée d'utilité publique le 13.01.1881. Pour la financer, l'Etat fait appel aux communes, sans grand succès en ce qui concerne Seine-Port. Mais les industriels locaux préfèrent se débarasser de charges qui s'alourdissent chaque année et participent au financement. L'affaire est conclue avec le constructeur Goffard pour 50 000F. Le 13 juillet 1881, le Préfet écrit aux maires : "la perception des péages cessera le 14 juillet, jour de la fête nationale (depuis 1880)...dès la première heure, les ponts seront livrés à la circulation gratuite " (ADSM Op 4246).

Mais bientôt les usagers habituels "à pied, à cheval, en voiture" vont faire d'étranges rencontres à deux ou quatre roues, silencieuses ou pétaradantes : bicyclettes, automobiles et camions remplacent peu à peu piétons, cavaliers et charrettes.

 

 En 1905, pour répondre à ces nouveaux besoins,  le pont est reconstruit et élargi : quatre travées, poutrelles à treillis type Pratt et deux trottoirs pour les piétons. Sur l'ex-poste de péage, devenu maison du gardien, est inscrit " République Française - Pont de St Assise".


image pleine page

 

Avant le pont

Une naissance difficile

1870-1871

Un pont républicain

1939-1944